Tempo reale

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Mo ch’è benuto ju tempo reale
mo li facite l’amanti morire
Mo li facite l'amanti morire
manti morire.

Capo ricciotto mio, capo ricciotto
chi ti l’ha fatti ssi riccie capiglie?

A la cintura fatteli arrivare
chessì begli occhi’n te li fa coprire

Vojo staccà ‘na penna a sse du aje
pe’ scrivere ‘na lettra a lo mio amore

Quando me la so’ scritta e sigillata
palomma, portacill’a lo mio amore

E si lo trovi a tavola a mangiare
pe’ parte mia daglie gliu bone brode

E si lu trovi in piazz’a passeggiare
dì che spasseggi e nun pens’all’amore

E si lu trovi a letto a repusare
dì che reposi e nun pens’all’amore

La moglie d’lu furnare è tutta tinta
s’affaccia a la fenestra tutta quanta

Maintenant que le printemps est arrivé
Vous faites mourir les amants
Vous faites mourir les amants
Mourir les amants

Ma tête bouclée,
Qui t'a fait ces cheveux bouclés?

Laisse-les pousser jusqu’à la ceinture
Mais qu'ils ne te couvrent pas ces beaux yeux

Je voudrais arracher une plume à ces deux ailes
Pour écrire une lettre à mon amour

Quand je l'aurais écrite et scellée
Hirondelle, porte-la à mon amour

Et si tu le vois manger à table
Donne-lui du bon bouillon de ma part

Et si tu le vois marcher sur la place
Dis-lui de marcher et de ne pas penser à l'amour

Et si tu le vois se reposer dans son lit
Dis-lui de se reposer et de ne pas penser à l'amour

La femme du boulanger est toute colorée
Elle se penche toute entière à la fenêtre

Chant recueilli par Alessandro Portelli à Roccasecca (Frosinone).

Le chant fait parti du répertoire de Giovanna Marini, et c’est d’elle que notre maestro Angelo Pugolotti le tient. Curieux d’en savoir plus, il y a quelques années, nous avons téléphoné à la Mairie de Roccasecca pour qu’ils nous mettent en contact avec quelqu’un qui aurait pu nous donner des informations. La secrétaire de Mairie nous donna l’adresse postale d’une vieille villageoise, sans téléphone, considérée comme une des dépositaires de la mémoire du village. Elle répondit à notre lettre en se disant émue qu’une chorale de Milan (presque l’étranger pour elle!) s’intéresse à un chant qu’elle chantait dans sa jeunesse, auquel elle ne pensait plus depuis bientôt 60 ans, mais dont elle avait un souvenir encore très précis.

Ce chant, nous expliqua-t-elle, était chanté à deux voix et sans accompagnement lors des célébrations en l’honneur de San Tommaso D’Aquino. Le soir du 6 mars, la veille de la fête, il était coutume d’allumer de grands feux, dits “favoni”. Les habitants de chaque quartier se regroupaient pour faire un immense bûcher. Les femmes se réunissaient à l’aube sur la place principale pour ensuite se diriger vers les montagnes afin de ramasser les branches qui auraient servies à fabriquer les bûchers.
Ces derniers étaient allumés au coucher du soleil et l’on dansait et chantait jusqu’au matin.
Le “tempo reale”, la “saison royale” en question c’est bien le printemps.
Il s’agit d’une des nombreuses variantes des célébrations qui, partout dans le monde et depuis des siècles, accompagnent l’arrivée de la saison où la nature se réveille.
Le fait que ce soient les femmes qui s’éloignent dans les bois nous renseigne sur  l’origine très ancienne de ce rituel, quand l’église catholique n’avait pas encore substitué les vieux rituels par ses liturgies et que les protagonistes des célébrations dédiées à la fertilité étaient encore les femmes.

La pratique d’allumer de grands feux en cette période remonte au culte, très ancien, de Beltane, divinité celtique de la lumière. On saluait le sommeil de l’hiver tout en accueillant la saison lumineuse afin de célébrer la fertilité et d’invoquer l’abondance des récoltes.

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